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Pétition contre la nomination du métropolite pro-militaire Marc (Golovkov) au poste d'exarque d'Europe occidentale

  • Writer: Mir Vsem
    Mir Vsem
  • 23 hours ago
  • 4 min read

Nous, les associations «Russie-Libertés» (France), «Rusos Libres» (Espagne) et «Friede Allen e.V.)» (Allemagne), exprimons notre profonde préoccupation à la suite de la nomination du métropolite Marc (Golovkov) à un ministère en France.


Conformément à la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 12 mars 2026, le métropolite Marc a été nommé à la tête de l’Exarchat patriarcal d’Europe occidentale, qui regroupe les diocèses et paroisses du Patriarcat de Moscou sur les territoires de l’Andorre, de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Italie, du Liechtenstein, du Luxembourg, de Monaco, des Pays-Bas, du Portugal, de la France, de la Suisse et de Gibraltar.






Cette nomination suscite chez nous non seulement une indignation morale, mais également une vive inquiétude publique.


Alors qu’il se trouvait en Russie, le métropolite Marc a, à plusieurs reprises, manifesté publiquement son soutien à la guerre déclenchée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine. Il est établi de manière fiable qu’il a participé à des cérémonies de bénédiction de matériel militaire avant son envoi au front. En particulier, en bénissant des armements destinés à être utilisés dans des opérations de combat, le métropolite Marc a déclaré :

«Aujourd’hui, nous avons célébré la Divine Liturgie, nous avons prié à genoux pour notre armée et, enfin, nous avons béni le matériel rassemblé et préparé pour nos soldats… L’Église est toujours là où se trouve le peuple, là où un soutien est nécessaire, là où il est important de renforcer l’unité du peuple.»

Ces propos ne laissent place à aucune ambiguïté d’interprétation. Il ne s’agit pas d’un simple soutien pastoral à des personnes confrontées à la guerre, mais d’une justification religieuse directe de la violence armée, d’une sacralisation de la guerre et d’une bénédiction d’armes qui apportent mort, destruction et souffrance dans le cadre d’une agression militaire.


En outre, le métropolite Marc a envoyé du clergé pour assurer l’accompagnement spirituel des militaires russes combattant sur les territoires occupés de l’Ukraine, ainsi que pour apporter un soutien aux citoyens russes mobilisés de force pour le front. Dans le diocèse de Riazan qu’il dirigeait, comme dans d’autres diocèses de l’Église orthodoxe russe en Russie, les membres du clergé sont de facto contraints de participer à la légitimation religieuse publique de la guerre, notamment à travers des prières pour la victoire de l’armée russe.


Une telle pratique ne constitue pas une simple position politique privée, mais un usage systématique de l’autorité religieuse pour justifier l’agression et promouvoir une propagande militariste.


Une inquiétude particulière suscite également la rhétorique publique du métropolite Marc à l’égard des Russes opposés à la guerre. Après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, il a qualifié de manière méprisante les personnes ayant quitté la Russie de «génération d’assistés». Or, ce sont précisément ces personnes — journalistes, défenseurs des droits humains, membres du clergé, militants ayant refusé de soutenir la guerre — qui constituent une part importante de ceux qui ont été contraints de chercher refuge dans les pays européens, y compris en France, pour échapper aux répressions, aux poursuites pénales et aux pressions politiques.


La nomination d’une personne ayant publiquement soutenu l’invasion de l’Ukraine et manifesté du mépris envers les Russes aux opinions divergentes à un ministère ecclésiastique en France soulève inévitablement la question suivante : dans quelle mesure la présence d’une telle figure est-elle acceptable dans l’espace public et religieux européen ?


Nous rappelons également les conclusions figurant dans le document de la Commission européenne «Orientations stratégiques de l’UE pour la prévention de la radicalisation 2024–2026», préparé par la Direction générale de la migration et des affaires intérieures.


Ce document souligne explicitement que, parmi d’autres formes d’extrémisme, la diffusion de la propagande et de la désinformation russes suscite une vive préoccupation parmi les États membres de l’Union européenne, notamment dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine.


Dans ce contexte, l’activité de responsables religieux soutenant ouvertement une guerre d’agression et la justifiant par le langage d’une mission spirituelle ne peut être examinée indépendamment de la question plus large de la diffusion d’une idéologie qui mine les fondements de la sécurité européenne, de la solidarité et de l’État de droit.


En conséquence, nous appelons les autorités françaises à :

— évaluer sur le plan juridique les motifs du séjour du métropolite Mark en France, en mettant particulièrement l’accent sur les risques potentiels que sa présence pourrait représenter pour l’ordre public.

— prendre en compte son rôle dans la diffusion d’une idéologie justifiant la guerre et conférant une légitimation religieuse à la violence, lors de l’examen de la possibilité d’appliquer les mesures restrictives en vigueur.


Nous appelons également les chrétiens de toutes confessions, ainsi que les représentants des communautés religieuses et de la société civile en Europe, à prêter attention à cette nomination.


L’Église orthodoxe russe en Europe occidentale est désormais représentée par une personne qui non seulement ne s’est pas distanciée de la guerre, mais a publiquement contribué à sa justification en utilisant le langage de l’Église, l’autorité religieuse et le pouvoir spirituel.


Nous sommes convaincus que le témoignage chrétien ne peut servir de couverture à la propagande de guerre, et que le ministère ecclésiastique ne peut être un instrument de justification de la violence.


C’est pourquoi cette nomination ne doit pas rester sans une évaluation publique, morale et juridique.


Signatures

Olga Prokopieva, directrice exécutive, Russie-Libertés, France

pretre Valerian Dunin-Barkowski, archiprêtre Andrey Kordochkin, Pevel Fakhrtdinov, Paix a Tous/Mir Vsem, Allemagne

 
 
 
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